« La mise en place de blockchains peut renforcer la gouvernance et la transparence » des Etats africains

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Collectif

Quatre spécialistes de l’Afrique plaident, dans une tribune au « Monde », pour l’usage des outils numériques aux fins de certification des droits, paiements et usages des fonds publics par les Etats africains.

Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min.

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A l’Africa Web Festival d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 29 novembre 2016.
A l’Africa Web Festival d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 29 novembre 2016. ISSOUF SANOGO / AFP

Tribune. Le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Ghana sont les trois pays où le volume de recherches liées au bitcoin est le plus élevé au monde. Cela reflète à quel point la jeunesse africaine est connectée et disposée à adopter les technologies les plus récentes pour résoudre des problèmes très concrets, en l’occurrence le transfert d’argent.

Parmi ces technologies, la blockchain, l’invention révolutionnaire qui sous-tend le fonctionnement du bitcoin, détient le pouvoir de contribuer à la transformation non seulement de la façon dont les Africains – et au-delà – effectuent leurs transactions financières, mais aussi potentiellement le bon fonctionnement démocratique de tout un continent.

On sait combien, à l’occasion d’échéances électorales, il arrive que les candidats multiplient les promesses d’une meilleure gouvernance et l’assurance d’un Etat de droit. Les gouvernants pourraient, dans cette perspective, trouver eux-mêmes un intérêt à montrer à leurs électeurs que leur gouvernance est transparente et irréprochable. La blockchain peut pour cela être un outil.

Fiable et incontestable

Comme le disait si bien Montesquieu : « C’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. (…) La vertu même a besoin de limites. » (L’Esprit des lois, Garnier-Flammarion, 2019). Or, de la même façon que la blockchain permet aux entreprises de gagner ou de conforter la confiance de leurs salariés, des consommateurs, des actionnaires ou des banquiers. Elle pourrait, si elle était mise en place par les Etats et bien gérée, contribuer à renforcer leur gouvernance en s’obligeant à une meilleure transparence.

La blockchain a pour première caractéristique d’être un outil fiable pour enregistrer de façon numérique toutes sortes d’informations, y compris la reconnaissance de la détention de droits. Ce qui distingue la blockchain des autres modes d’enregistrement, c’est son caractère quasi incontestable puisque ces informations ou droits sont, avant d’être d’une certaine façon « dans le marbre », automatiquement vérifiés et surtout acceptés par toutes les parties concernées ou même simplement intéressées.

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